Œuvres littéraires et Jeux Coopératifs

Le seigneur des anneaux - Knizia et Howe / Horreur à Arkham - Wilson et Launius
Spécial : Œuvres littéraires et Jeux Coopératifs.

Dans les littératures de l’imaginaire, Tolkien et Lovecraft occupent une place de choix au Panthéon : ils sont créateurs de mythes tous deux, et même de panthéons. Ils ont inspiré, inspirent, inspireront et dans la sphère ludique ils sont presque à l’origine des envies et du développement de ce loisir : donjon dragon et la fantasy découle du SdA et l’Appel du Cthulhu fait partie du premier jeu de rôle marquant de beaucoup. Dans le microcosme des jeux de société, les deux sont aussi des œuvres majeures du jeu coopératif. On doit à Knizia et Wilson, deux grands noms du jeu de société, respectivement le Seigneur des Anneaux et Horreur à Arkham. Les coopératifs sont souvent contestés tandis que d’autres joueurs ne jurent que par ça. Ce qui est ici intéressant et unique à ces deux jeux, justifiant l’emploi du jeu coopératif, autre que de vouloir apprendre à jouer ensemble ou éviter les confrontations : c’est de faire vivre ces univers jeux, de revivre leur expérience littéraire collectivement, que l’inénarrable charme d’un conte lovecraftien ou d’une pincée de l’épopée tolkieniste se livre au joueur, se partage ensemble, sans se disputer les bons rôles. Et puisqu’elles sont écrasantes ces œuvres, le dur labeur collectif pour relever le défi de ces écrivains ne sera pas vain.


LE SEIGNEUR DES ANNEAUX ( Reiner KNIZIA)

La légende veut que cela soit le premier jeu coopératif. Illustré par John Howe l’année de la sortie du film (directeur artistique de Peter Jackson) et pensé par un Knizia au summum de sa forme. Réédité par FFG / Edge en 2011 ( avec la moins bonne idée d’oublier la réédition des extensions). Un jeu plein de symbolisme entre le dé du mordor et les jetons : il faut à chacune des quatre aventures récupérer 3 jetons / personnage ( courage, résistance à la corruption, et lumière), on collecte aussi des runes de Gandalf pour les sorts et un sablier sert de narration. C’est également un jeu de carte et de tuiles. Les tuiles servent au déroulement des évènements (à piocher dans un sac) et les cartes représentent ce que les joueurs peuvent jouer : les vivres, les personnages, les artefacts magiques. La force de ce jeu est de revivre les moments périlleux, les longues traversées du Mordor, les havres de répits entre, les désespoirs de la compagnie et les sauvetages in extremis et ce alors que chaque partie reste unique ( tirage au sort des tuiles et des cartes). L’apprentissage du jeu permet d’optimiser et de se préparer mieux aux parties à venir. La vidéorègle claire de Yahndrev offre comme toujours un très bel aperçu.


lotr_knizia


Revenons sur le mythe du joueur qui joue pour les autres. La grande critique des coopératifs est : un joueur prend le contrôle de la partie et dit aux autres quoi faire car il connaît mieux les règles. Ce mythe n’est que l’application du système de jeu compétitif à un coopératif : il n’est en rien le fait du coopératif. Un joueur compétitif conçoit les rapports hiérarchiques de manière pyramidales : il se bat donc pour atteindre le plus haut cran et avoir le moins d’ordre à recevoir et en donner le plus. Dans cette configuration dès qu’il joue à un compétitif, ne comprenant pas pourquoi personne ne résiste, il en vient à recréer ce système de jeu, et ça marche rapidement car personne ici ne se bat contre lui. La partie sera exécrable, tout au plus une manière d’apprendre les règles à moindre frais. Le coopératif en vérité se gagne que si chacun joue sa part, défaut et qualité ensemble, faute de compréhension ou bonne surprise comprise. A vrai dire chacun y apporte sa connaissance du jeu en cours et tente sa stratégie. On peut demander conseil mais on doit assumer la responsabilité de son personnage et de ses choix de jeu. Ses réussites sont importantes mais celles du groupe capitales. Il faut savoir s’en réjouir. Se répartir les tâches, s’entraider lorsqu’il est possible tout en dosant ce dont on a encore besoin pour sa portion de partie : ce collectif en action donne alors l’occasion à de petites forces d’en traverser de plus grandes. Le coopératif marche alors très bien pour la retranscription de ces deux univers car c’est typiquement le mythe du Hobbit face au Mordor ou celui de la rencontre de plusieurs témoins banals du mythe du Cthulhu contre l’une de ses créatures dans :


Horreur à Arkham ( Kevin WILSON et Richard LAUNIUS)

Les œuvres d’H.P.L sont connues pour donner la vie dure à ses protagonistes. Horreur à Arhkam ne déroge pas à la règle et le système de jeu est très dur à gagner. Bien évidemment, ce sentiment d’être immergé dans le mythe lovecraftien, dépassé, le respect aux grands anciens qui en découle, tout cela est chez les romans de l’auteur une puissance attractive, séductrice et réaliste pour ceux qui voudraient que plus fort soit les livres que la vie. Expert du mental, l’écrivain du mythe du Cthulhu nous en apprend plus sur le lecteur que Madame Bovary réputée pour. Le matériel du jeu est de haute volée, les extensions de qualité et Kevin Wilson a concocté une belle règle, spécialiste qu’il est du coopératif ( Descent, La Fureur de Dracula). La règle était avant compliquée, maintenant il y a la vidéorègle de Yandhrev qui arrange le problème, ô joie ! Pop-corn et une heure et demie de remise dans le bon ordre des règles.


Liste de bons jeux coopératifs :
Nous n’avions jamais fait d’articles sur les coopératifs. Celui-là fait coup double adaptations littéraires / Coop’. Voici les autres jeux coopératifs que nous conseillons : Space Alert pour le rire et l’originalité ; Robinson Crusoé pour la nouveauté et la complexité ; Mice And Mystics pour la narration et le système de jeu très plaisant ( entrée en univers parfaite d’un jeu style Donjons et Dragons pour un enfant, féérie conservée pour un adulte.).


Horreur à Arhkam est un jeu hybride, exigeant, immersif, finalement plus intéressant que le récent «Les Contrées deSAMSUNG CAMERA PICTURES l’Horreur». Plus ludique et compliqué à cerner. Il n’est pas jeu de rôle comme j’ai pu lire, il est complexe et tient sur plusieurs niveaux de jeu : du combat avec sa fiche de personnage, de l’exploration avec de la chance, de la stratégie avec le système de compétences, de la tactique pour sceller les portails avec de la coordination entre joueurs et des faits de jeu à déclencher ( devenir adjoint de police et patrouiller dans la ville, le niveau de terreur fait fermer peu à peu les commerces, finir à l’hôpital, en prison ou à l’asile.)


Verdict :

De vieux classiques, un double vintage du mois pour se coupler avec le coopératif du mois Les poilus, qui méritent d’être joués et rejoués, découverts ou redécouverts. Autant d’objets de collection pour les fans de ces auteurs majeurs, et une véritable claque ludique si on a de bons amis, enchantés à l’idée de partager ces intrépides périples aux atmosphères denses et horizons de mystère.


Aux 1001 Jeux BenJi


Publicités

Une réflexion sur “Œuvres littéraires et Jeux Coopératifs

Un avis, une suggestion, envie de participer ? C'est bienvenue :)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s